Une habituée du pilotage de projets en mode traditionnel évoquait nos projets agiles en terme de "round". Amusés, nous lui précisions qu'il s'agissait de "sprint" et non de "round".
Ce lapsus m'apparut après coup assez révélateur, et non simplement le fruit d'une confusion effectuée par une néophyte en méthodologie Scrum.
Qu'est-ce qu'un round? Une période de temps, prédéfinie, pendant laquelle les deux boxeurs mettent le plein d'énergie pour mettre l'adversaire KO debout. On parle aussi de round d'observation, pour évoquer l'art et la manière de déceler chez l'autre les faiblesses que l'on pourra utiliser.
Qu'est-ce qu'un sprint? Le moment fort d'une course pendant laquelle tous les coureurs accélèrent, pour atteindre la ligne d'arrivée, le but, l'objectif, le Grâl! Portés par un même élan, les adversaires se mobilisent tous ensembles, non pas finalement les uns contre les autres, mais tous ensemble pour dépasser le plus vite possible le fin cordon rouge de l'horizon.
Ces deux métaphores sportives sont tout à fait interressantes de ce point de vue. Qu'une personne rompue au management de projet en waterfall rebaptise l'itération agile en "round" exprime bien l'ambiance de certains gros projets informatiques traditionnels : le mode combat par KO. MOA contre MOE : qui gagnera? Prestataire au forfait contre client au cahier des charges : qui tombera sur le sable amer de l'arène? Métier contre analyste. Chef de projet contre développeur. Architecte contre responsable de production. La liste est longue ... Les méthodologies agiles ont au moins le mérite de faire assoir autour d'une même table toutes les personnes citées, non pas pour apposer leurs initiales au bas de contrats illusoires, mais pour construire ensemble les cathédrales de demain.

Quel est l'un des principe essentiel d'une équipe Scrum? La pluridisciplinarité.
Je viens de commander sur Amazon le livre de
Si l'on suit les étapes de mise en place d'un projet détaillées par Joseph Little dans son post récent 
Un commentaire récent me faisait me remémorer cette question de mon boss, à l'issue de notre premier sprint : "mais si l'équipe s'auto-organise, comment les développeurs choisissent-ils les bonnes tâches? ne vont-ils pas prendre les tâches dans le désordre et commencer par celles qu'il serait préférable de traiter en dernier?".

Il vient d'arriver dans ma boîte aux lettres : un petit livre de 120 pages dans lequel Henrik Kniberg raconte ses histoires de mise en place de Scrum, ses essais, ce qui a marché, ce qui n'a pas marché. Ce n'est pas un livre de recette, juste ce que lui a fait, et qui a fonctionné. Des histoires de pratiques. Mais beaucoup de "trucs" à expérimenter, en l'occurrence. A esssayer chez soi, à adapter. Et des questions que l'on se pose, avec des réponses associées.
Le plus drôle cependant, c'est que lors du sprint suivant, chacun des trois développeurs s'est naturellement mis sur une user story différente, en fonction de leur affinité. L'idée, cette fois, s'était que chacun puisse donner un maximum d'efficacité là où il est le plus fort. Comme quoi! Il n'y a pas de règle. C'est aussi l'une des forces de l'agilité : coller au plus près du terrain, sans a priori. Et faire différemment la prochaine fois, si les conditions du sprint demandent une autre organisation.


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