C'était la première démo de l'équipe du haut, la nouvelle équipe. Le matin, quand je monte les voir pour mettre au point ensemble les différents scénarios de la démo, Omar et moi, nous nous sourîmes, car, sans concertation réalable, nous avions l'un et l'autre enfiler une chemise rose. Sauf qu'Omar, en plus, l'avait ornée d'une jolie cravate, mais, ça, c'est une autre histoire.
Pour cette démo, j'avais invité beaucoup de monde, et certaines personnes en avaient elles-mêmes invitées d'autres, ce qui faisait que nous avions un bel auditoire.
Au début, lors des premières démos faites avec l'équipe du bas, j'étais l'unique animateur. Je conservais jalousement la souris, la parole et le projecteur. Comme un ersatz de projet à l'ancienne, dont j'avais un peu de mal à me défaire. Moi, Frédéric Doillon, THE Chef de Projet, je parle, j'expose, je montre...
Petit à petit, j'ai laissé la parole à l'équipe. Et maintenant, cela nous vient à tous naturellement, les démos, c'est le travail de l'équipe. Il ne nous viendrait même plus à l'idée, d'ailleurs, qu'il n'en soit pas ainsi.
Oh, bien sûr, cela ne m'empêche nuellement de prendre la parole, mais pas de la même manière. Comme un Scrum Mater, finalement. J'anime, je fais des transitions. J'insiste sur un point de méthodologie, ou un problème rencontré et réglé. Mais le coeur de la démo, la chair du travail exposée, le rôle en est dévolu sur l'équipe, et sur elle seule. Car ce travail lui appartient. C'est elle qui l'a effectué, de manière collective.
Mine de rien, ce jour là, nos chemises roses ont fait de l'effet. Je crois que c'était la plus belle démo que nous ayions organisé. Notre auditoire était conquis. Maintenant, cela veut dire aussi qu'il faudra donc être encore meilleurs la prochaine fois!



Commentaires