Un américain à Paris
Je sors juste de ma formation Scrum Master chez Xebia, animée par Jeff Sutherland. Je reviendrai dans d’autres posts sur ces deux jours, mais je souhaite vous en donner à chaud, juste quelques éléments. Ce qui m’a le plus marqué.
Pour commencer, juste un mot sur la qualité d’animateur de Jeff. Il nous donne cinq minutes, pas une seconde de plus (time boxing oblige) pour expliquer à notre voisin qui nous sommes, ce que nous sommes venu faire à cette formation, etc… puis, échange de rôle, écouter ce que notre voisin nous dit sur lui-même. Les cinq minutes passent. Jeff nous arrête, et nous demande, tour à tour de présenter son voisin. Comme il y a des gens de toute nationalité (allemand, danois, polonais, français, sans compter Jeff), nous nous exprimons tous en anglais, ce qui permet, dès les dix premières minutes de formation, d’avoir brisé toute contrainte linguistique entre nous.
Autre fait marquant (mes pensées s’enchaînent sans ordre…), la grande maturité de l’ensemble des participants. Nous étions tous persuadés de l’inefficacité des méthodes traditionnelles, des projets en mode waterfall et du couple infernal commande-contrôle. D’ailleurs, concernant l’impossibilité du management de projet par commance-contrôle, Jeff nous a proposé un petit jeu assez édifiant. Par deux, l’un joue le chef, l’autre l’ouvrier. Le chef commande : avance, stop, gauche, droite, tout droit. L’objectif était de traverser la salle de cours dans un sens puis dans l’autre. Imaginez trente bonhommes (oui, nous étions entre hommes, cette session ne comportait aucune femme, hormis l’épouse de Jeff, qui nous a accompagné le premier jour), imaginez donc trente bonhommes en tous sens, des droites, gauches, stop, sans trop savoir à qui ils s’adressent…le test de ce pur commande-contrôle ne fut guère concluant, aucune équipe n’a tellement avancé. Alors, on a supprimé les chefs. Au lieu de 15 chefs et 15 ouvriers, nous étions 30 ouvriers, et là, ce fut le bonheur, quelle fluidité dans notre marche, chacun allait son rythme, le plus naturellement possible. Bel exemple, en tout cas, à méditer…
Bien entendu, il n’y avait pas que des exercices de ce genre, il y avait aussi quelques slides, avec force chiffres, destinés à convaincre tous les DSI de la terre. Certains cas étudiés méritent de s’y arrêter, car ce sont des gains de plus de 400% de productivité qui sont en jeu !
Une autre chose très intéressante : je me suis amusé à compter le nombre de personnes avec qui j’avais parlé pendant ces deux jours. Pour tout dire, je suis d’un naturel plutôt taiseux. J’ai compté : avec au moins 16 personnes. Dans ce genre de formation, sur deux jours, avec déjeuner et pause inclues, en général, c’est bien un malheur si je dépasse, disons, huit personnes ! Le double, donc. Jeff, le premier jour, nous avait demandé, ce citer les trois principaux facteurs clé de succès d’un projet, et les trois principales causes d’échec. Nous avions cité la communication d’un côté, et le manque de communication de l’autre. Scrum vous oblige à communiquer. Et à vraiment communiquer. D’ailleurs, l’un des slides rappelait que l’email était un moyen de communication tout à fait nul, que le téléphone, c’était déjà mieux, mais le top du top était la communication face à face, avec paper board pour noter les idées, les points de divergence, etc … depuis que je pratique scrum, je n’envoie en effet presque plus jamais d’email, si ce n’est pour rappeler l’heure et le contenu de la prochaine démo de sprint, après avoir convenu, en communication directe, de la date et heure du rendez-vous avec les principaux intéressés.
Autre exercice : après avoir dresser la liste des trois obstacles les plus importants à la mise en place de scrum, Jeff nous a donné 59 minutes pour les traiter. Nous étions par équipe de 6, dont un product owner et un scrum master désigné de manière tout à fait démocratique. Je me suis abstenu du rôle de scrum master, afin de vivre par moi-même ce que cela fait d’être team member. Première impression, c’est tout à fait reposant ! Je devrais tenter de nouveau cette expérience dans la vraie vie, me laisser porter par mon scrum master. Bon !
D’autres expériences de la même veine : la création d’un backlog à partir de quelques fonctionnalités et prérequis techniques, time boxés, en utilisant ce fameux planning poker dont je sais depuis 6 mois que c’est un outil génial, avec échange culturel, car nous étions deux .Net au milieu de la bande des furieux javaïstes de Xebia. Et enfin, pour la deuxième partie de l’après-midi : la mise en pratique d’un enchaînement de sprints, avec priorisation et repriorisation au sein du backlog, en fonction des degré de complexité et des business values. Il s’agissait entre autre de gonfler des ballons, faire rouler des dés, construire des châteaux de cartes ou encore, de plier des chapeaux en papier.
Et pour clore la journée, la partie de question-réponse la plus originale que je connaisse. Jeff nous avait demandé hier soir d’écrire sur des post-it nos questions. Elles étaient accrochées au mur. Il a commencé à répondre aux trois premières, puis il a distribué les post-it restant à chaque table, et nous devions y répondre selon son tour. Très bel échange !


Salut Frederic
Je partage tout à fait ton retour sur cette formation organisée par Xebia que j'ai fait en mars dernier. C'était une grande expérience et je t'invite à lire mon post de l'époque.
http://www.touilleur-express.fr/2008/03/26/im-now-a-scrum-master/
A bientot
Nicolas
Rédigé par: Nicolas Martignole | mercredi 09 juillet 2008 at 15:42