Si vous avez un espace temps de lecture, que vous avez envie de combler en dehors des sentiers battus, je vous conseille de lire le fabuleux ouvrage de Laszlo Mero "Les aléas de la raison : de la théorie des jeux à la psychologie".
Citons Laszlo quand il nous décrit si bien le "piège du Concorde".
Le coût du Concorde, avion supersonique développé conjointement par les Français et les Britaniques, crût tout au long de l'avancement du projet. Il devint vite évident qu'il n'avait aucune chance d'être rentable, alors que seule une faible part de l'investissement initialement prévu avait été engagée. Néanmoins, les deux gouvernements s'enferrèrent de plus en plus et, en fin de compte, dépensèrent pour leur projet une somme plusieurs fois supérieure à celle prévue au départ. Tant que le dernier boulon n'était pas serré, il aurait été moins onéreux de stopper toute l'entreprise, le Concorde n'étant appelé qu'à provoquer de nouvelles pertes. Mais il était devenu un investissement de prestige. Et fut longtemps considéré comme tel par les deux gouvernements, dont il faisait la fierté.
Le Piège du Concorde, ou l'anti pattern de l'impossibilité d'abandonner quand on a tant investi, qui amène tous les joueurs du monde, enfermés dans leur martingale, à la faillite et au désespoir.
La réalité psychologique de ce phénomène est d'ailleurs tout aussi opérationnelle dans bien des projets de développements informatiques. On dépense sans fin, malgré les retards, pour suivre à la lettre des jalons hypothétiques gravés une fois pour toute dans le marbre des plannings.
Avec scrum, tout cela part à la poubelle!
Chaque matin, lors des scrums quotidiens, on se repose tous ensembles les mêmes questions : doit-on poursuivre sur ce chemin, ou prendre celui d'à côté, ou revenir en arrière, rebrousser chemin un temps pour mieux repartir sur une pente plus douce, ou même s'arrêter...
Avec un bon Product Owner, le piège du Concorde ne se serait pas refermé. Un autre avion aurait pu voir le jour, plus rentable, plus efficace...
Au sein de l'un de nos projets, nous venons de rencontrer un problème qui aurait pu prendre l'allure du piège du Concorde. Nous étions sur une voie en tout point interessante, alléchante, nous en rêvions tous...au début, nous étions confiants, mais au bout de trois, quatre scrums, je sentais que l'équipe se bloquait sur ce point précis, elle n'avançait plus ... si bien que cette tâche technique devait continuer sur le sprint suivant. Lors du sprint planning, j'avais remis en estimation cette "tech user story", les cartes de planning poker étaient dstribuées, il n'y avait plus qu'à ... l'un des membres de l'équipe m'arrête et me dit "non, pour cette story, nous devons faire autrement, nous ne devons pas l'estimer, car nous savons maintenant, après trois jours de travail intensif, qu'un risque important d'échec subsiste. C'est à toi de nous dire combien tu es prêt à payer, en terme de temps de l'équipe, sur cette tâche." Oui, cela était tout à fait juste. J'ai donné deux jours, ou plutôt dix heures effectives. On s'est dit : "on essaye encore pendant dix heures, si on y arrive, tant mieux, sinon, on passe à autre chose, on prend le problème différemment." Ce que nous avons fait. L'équipe n'a pas pu résoudre le problème tel que nous le souhaitions, car cela n'était pas possible techniquement, mais nous avons volontairement limité les frais. Et notre agilité nous a permis de trouver deux solutions de rechange, parmi lesquelles nous avons ensuite tranché.
Non, dans un vrai projet scrum, c'est-à-dire un projet qui passe le Nokia Test, vous ne serez jamais confrontés au Piège du Concorde. Ailleurs, si!
Petit déjeûner réglementaire, une tradition à laquelle je reste attaché depuis mon premier recrutement, et que je maintiens au fur et à mesure des nouvelles arrivées. Pour un premier partage avec le reste de l'équipe, et avec l'ensemble des collaborateurs des autres services. Un petit rite tout simple qui a le mérite de placer tout nouvel équipier dans un contexte favorable. Mettre l'humain avant le process, comme nous l'enseigne le manifeste agile. Et cela commence dès le premier jour. Mettre en place une relation humaine, avant de parler projet, méthode et développement. Je trouve toujours dommage, ces nouveaux venus que l'on nous a mal présenté, au détour d'un couloir, le nom à peine murmuré, la main à peine serrée.
Une habituée du pilotage de projets en mode traditionnel évoquait nos projets agiles en terme de "round". Amusés, nous lui précisions qu'il s'agissait de "sprint" et non de "round". 


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